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J’ai peur de tout. Tout le temps. Depuis toujours.

C’est chiant. Mais je me soigne ! Du moins je fais des progrès. Si tu me suis sur Instagram, tu le sais. Et je commence à comprendre ce qu’est réellement la peur. 

Il arrive un moment dans la vie où tu te poses plein de questions existentielles, genre quel est le sens de la vie justement. Pour moi, la vie n’a pas de sens. La vie est. Point. Par contre, en tant qu’humain, nous avons besoin de sens, sinon à quoi pourrait bien servir tout ce cirque ? Nous créons alors artificiellement ce sens, cette notion qui nous permet enfin d’affirmer que la vie vaut quelque chose. “Vaut” est le mot-clé. La Valeur. Les Valeurs. Le sens de ta vie résonne dans tes valeurs, autrement dit ce qui t’importe le plus au monde, ce qui te fait vibrer, ce qui te permet d’avancer avec enthousiasme jusqu’à la fin.

Oui, il y a une fin à la fin.

Les valeurs font partie des fondations du développement personnel. Tu trouveras des exercices et des listes de valeur partout sur le net. Demande à Google. Mon ami Lille a décidé d’y associer les ombres dans son atelier de créatique. J’ai trouvé l’exercice fascinant. 

Il se trouve que ma valeur première, celle qui est plus importante que toutes les autres, est la sérénité.

Sérénité : Se sentir à sa place. Être alignée avec soi-même et le monde autour. Se débarrasser des peurs, des blocages, des soucis, des obligations. Trouver l’équilibre. Se sentir en paix.

J’ai été très surprise de ce résultat. Cela passe devant la liberté, la cogitation, et autres concepts qui me semblaient jusqu’alors fondamentaux. Ils le sont, à condition que je me sente sereine. Et là où cette première place sur le podium assoie tout son sens dans ma tête et dans mon corps, c’est qu’elle se débat avec mon ombre principale qui me poursuit depuis toujours et que je combats sans relâche, j’ai nommé la peur.

Peur : Paralysie. Ne pas pouvoir avancer. Se recroqueviller, se retrancher. Se couper du reste du monde pour échapper aux éventuelles choses négatives, au détriment des belles choses.

Et bim !

J’ai peur de tout. Tout le temps. Depuis toujours.

J’ai peur des autres. Et c’est pas facile : y’a des autres partout !!! Pis c’est compliqué les autres. Chaque personne a son propre mode d’emploi sauf qu’il est implicite et non écrit, non formulé. Il faut le découvrir au fur et à mesure, à tâtons, parce que c’est super miné comme terrain et que cela risque de t’exploser à la gueule à tout moment. 

J’ai peur des check points à l’aéroport. Mon bagage cabine va-t-il passer ? J’ai bien enlevé mon X-acto ??? Et mon coupe-ongles, il va passer ? Et si j’avais des bouts de ferrailles dans mon corps et que je ne le savais même pas ??? Et si à cause de tout ça je ratais mon avion et devais m’en repayer un autre ? Je pars pour Merida demain, et l’angoisse m’attrape bien malgré moi, se manifestant comme d’habitude en troubles intestinaux incommodant. Vivement demain soir ! (Edit : I did it!)

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J’ai peur d’aller dans un nouveau restaurant ou café. C’est ballot, je fais le tour du monde ! J’ai toujours une tonne de questions à la con. Est-ce que je vais aimer ? Est-ce que j’aurais pas pris le plat le plus épicé sans le faire exprès ? Le plus cher ? J’ai rechargé ma Revolut ? Y’a du wifi ? Putain, mais pourquoi ils font des menus de 46 pages ? J’ai envie de quoi ??? Je sais pôôôôôô… Donc je vais toujours aux mêmes endroits et prends toujours la même chose. Jusqu’au prochain déménagement. Rebelote.

J’ai peur de prendre le Uber. Parce que je suis sûre que j’ai indiqué la mauvaise adresse, ou alors ça va prendre trois fois plus de temps que prévu et je vais rater mon avion. Mais par où il passe là ? Il fait un détour, non ? Non non, t’es juste totalement parano ma p’tite.

J’ai peur de me perdre. J’ai un sens de l’orientation exécrable. Je ne me suis encore jamais perdue parce que Maps.me, et que je vérifie frénétiquement 39 fois avant, mais cela ne me rassure pas pour autant.

J’angoisse à l’idée que mon business ne marche pas et de ne pas avoir les finances pour continuer mon voyage, ma vie de rêve.

Et oui ! Je suis terrifiée à l’idée que mon voyage s’arrête. Et que je doive retourner travailler. Parce que le travail tue. Le travail vampirise toute ton énergie. Il tue tes soirées, tes week-ends, qui ne te permettent même plus de reprendre pied. Il tue ton couple et son intimité, sa spontanéité. Tes amitiés. Et tu fanes, tu te vides. À peine tu arrives à lire une demi-page que tes yeux se ferment, quelle que soit l’heure. Tu n’avances plus. Tu stagnes. Stagner, c’est mourir. 

J’ai peur de finir vieille fille, que personne ne comprenne mes valeurs ou n’accepte mon style de vie. Et bé oui, faut suivre le rythme ! Virginie a des exigences maintenant ! Et elle sait où elle va, comment elle veut y aller, et tout le tralala. Pas facile d’intégrer quelqu’un. Plus vraiment d’humeur à faire des concessions et me mettre de côté. Tu es prévenu !

J’ai peur que mon dos lâche définitivement. Discopathie dégénérative. Ça fait mal quand ça lâche et ça paralyse. Plus bouger. Petit inconvénient quand tu voyages et que tu portes ta maison sur ton dos.

J’ai peur des insectes, surtout les araignées et les scorpions et les scolopendres et les cafards et… et tous les insectes ! 

J’ai peur des small talks. Mais cela vaudrait un article en entier pour en parler.

J’ai peur d’avoir des regrets. Genre tu arrives à la fin, ton dernier souffle, et tu repenses à tous tes rêves que tu ne t’es pas permis de réaliser parce que tout un tas de bullshit dans ta tête. L’angoisse. Et puis plus rien.

J’ai peur de prendre les transports en commun, encore plus que le Uber, parce que j’ai peur de me perdre, cf. “J’ai peur de me perdre”, et qu’en plus il y a plein d’autres gens, cf. “J’ai peur des autres”.

J’ai peur de souffrir physiquement d’une maladie ou d’un accident. En fait, comme pour le mal de dos, c’est surtout la perte d’indépendance qui me fait peur. Bien que je me passerais aussi volontiers de la douleur physique.

J’ai peur de m’exposer, comme je suis en train de le faire là ou sur les réseaux sociaux en règle générale. Parce que…

J’ai peur d’être moche et conne. Mais naaaaaaaan ! Ça ne risque pas d’arriver, hein ? Dis ? Hein ? Hein ? Hein ? 

J’ai peur d’être interpellée dans la rue, par des gamins ou des mendiants ou des vendeurs ambulants ou des gens qui font des sondages (bah oui c’est jamais un putain de beau gosse qui va devenir l’amour de ta vie qui va t’interpeller dans la rue). Et ça arrive tout.le.temps. Mais foutez-moi la paix !!! En plus je me sens obligée de rester polie. Ce ne serait quand même pas bien si je leur gueulais “fuck you” à la face en accompagnant la parole au geste doigté majeur. Ce n’est pas leur faute s’ils sont gamins ou mendiants, et ce n’est pas la mienne non plus !!! Dégaaaaage !

J’ai peur de sortir le soir. Non, en fait, ce n’est pas vrai ; je n’ai pas envie de sortir le soir.

J’ai peur de rater mon avion, ou mon bus, ou mon train. Cela mérite vraiment des explications ou c’est suffisamment évident ?

J’ai peur de ne pas apporter de valeur au monde et aux gens. C’est une toute nouvelle peur. Pendant longtemps, je n’en ai eu strictement rien à foutre. Mais aujourd’hui, j’ai tellement de gratitude pour toutes les personnes qui m’ont aidée et inspirée que j’ai envie moi aussi d’aider et d’inspirer. J’estime que c’est mon devoir de rendre la pareille. C’est mégalo ?

J’ai peur de manquer d’idées et d’imagination.  Mais c’est une petite peur. Une peurinette. Parce que je me rends compte que plus j’en ai, plus j’en ai. C’est intarissable ces trucs-là.

J’ai peur de ne pas être comprise. 

J’ai peur d’aller voir Björk en concert. C’est mon artiste musical préféré de tout l’univers de l’espace, mais je ne suis pas sure d’être capable de supporter le truc en vrai. Elle est passée à México il y a quelques jours. Je me suis sentie soulagée de ne pas avoir les finances et donc une bonne raison de ne pas y aller. Couardise extrême.

J’ai peur d’avoir l’air d’une touriste. Non sérieux, le look Queshua, je peux pas…

J’ai peur d’avoir froid. C’est pour ça que la Caraïbe c’est trop bien. En 6 ans là-bas, j’ai totalement oublié le fameux adage “prends ta p’tite laine !”.

J’ai peur de rentrer sous la douche froide. C’est pour ça que la Caraïbe c’est pas bien. Il y a des îles entières où ils ont totalement ignoré le robinet d’eau chaude. WTF ?  C’est pas parce qu’il fait 30º toute l’année qu’on n’a pas envie d’une bonne douche chaude ! Et le premier contact avec l’eau froide fait toujours son effet !

J’ai peur des enfants. Terrorisée. Traumatisée. Non, je ne préfère pas en parler. Merci.

J’ai peur qu’un pigeon me chie dessus, ou une chauve-souris. Si, ça arrive régulièrement ! D’où le gel désinfectant dans le sac à main.

J’ai peur de tomber dans les pommes. Cela a pu m’arriver également. Mais j’ai enfin compris pourquoi, donc je gère. Enfin je crois.

J’ai peur que ceux que j’aime ne m’aiment plus.

J’ai peur de ne jamais savoir dessiner. Mais si, je t’ai déjà parlé de mon complexe de l’artiste.

J’ai peur d’avoir envie de pisser et de ne pas trouver de toilettes. Les filles me comprendront.

J’ai peur de crever à cause d’un con de moustique. Parce que cela tue des millions de personnes par an ces saloperies ! Sans oublier tous les poisons qu’il faut utiliser pour leur échapper. D’une façon ou d’une autre, elles auront ma peau.

J’ai peur de la foule. Parce que plein de gens. Les autres, j’te dis. En plus, quand ils sont nombreux, ils sont encore plus cons. Cqfd.

J’ai peur d’être en retard. Et je suis la seule sur cette planète à me préoccuper d’être à l’heure parce que de toute évidence, pas les autres !!!

J’ai peur de ne pas entendre le réveil. Cela me cause même des insomnies parfois. Ou alors je me réveille avant. L’art de se pourrir soi-même la vie.

J’ai peur que mes crudités blessent. J’ai tendance à oublier les tournures de phrase diplomatiques avec mes amis. Je suis du genre directe, crue. Un jour, un de mes amis bien au courant de cette pratique m’a inviter à donner mon avis par l’intermédiaire d’un “balance ta crudité !”. C’est resté. Alors maintenant, j’essaie de prévenir : attention, crudité en approche !

Je suis angoissée par un potentiel cataclysme technologique privant la planète d’internet. Mais euh ! C’est pas drôle ! Internet, c’est la vie !

J’ai peur d’abandonner mon bureau, c’est-à-dire mon sac de 7kg plein de papeterie en tout genre. Alors je le garde. Na !

J’ai peur que quelqu’un ouvre la porte des toilettes quand c’est pas le moment… je vérifie toutes les 3 secondes que la porte est bien fermée. Merci à mon con de cerveau…

J’ai peur, j’ai peur,  j’ai peur…

Liste non exhaustive, bien entendu. Et considérablement raccourcie au fil des années.

Bref. J’ai peur de tout. Tout le temps. Depuis toujours.

Je le ressens dans la poitrine, une tension permanente, parfois anodine, parfois très intense.

Et pourtant, je fais tout ça. Et pourtant, je fais des choses effrayantes, comme ne plus avoir de chez moi et parcourir le monde, changer continuellement d’environnement. Et pourtant je vais volontairement me mesurer à ces peurs, les affronter. Parce que j’ai compris que là est mon super pouvoir. En affrontant mes peurs, elles ne me contrôlent plus. En affrontant mes peurs, je me sens finalement sereine. C’est fou, non ? Mes peurs sont devenues un moteur. Le négatif qui engendre le positif.

Tu devrais essayer.

Et toi, quelles sont tes valeurs ? Celles qui justifient tout le reste ?

Quelles sont les ombres qui te permettent de te surpasser ?

Mr Ramesh, forever and ever!

Si tu veux creuser un peu, écoute cet épisode du podcast d’Esther. Elle explique super bien !

Et si tu veux surmonter toutes tes peurs, je t’explique tout bien comment qu’il faut faire là !

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