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Trigger warning : viol et sexualité incluant des enfants.

J’ai une théorie. Comme d’habitude, elle est totalement biaisée et subjective, seulement basée sur mes uniques expériences et simples observations.

Ma théorie : En règle générale, les violeurs sont des extraverti.e.s et les victimes de viol sont des introverti.e.s.

Mes premières expériences remontent à quand j’étais enfant. Elles aussi étaient des enfants. Nous n’avions pas 10 ans.

Je ne sais pas si on peut parler de viol dans ces cas-là, quand une enfant propose un jeu zizi sexuel de frotti-frotta entre clitoris et que l’autre accepte. L’autre, en l’occurrence moi, ne proposait jamais de jeu, ou alors que très rarement. Deuxième effet Kiss Kool d’une incurable introversion. Donc la plupart du temps, je suivais. Y compris ces fois-là. Y compris le jour où l’une d’elles m’a demandée un cunnilingus. C’était dégueulasse. Je sais qu’il y en a une qui jouait aussi avec les garçons. Je suis tellement contente de n’avoir jamais été invitée. 

Bien sûr que je n’avais pas envie de ces jeux. Mais je ne le savais même pas. Cacher mon malaise, mon mal-être, mon incompréhension, est tellement naturel pour moi – vital – puisque ce sont les autres qui savent ce qui est normal, qui connaissent les jeux habituels, qui comprennent les interactions acceptables. 

Tais-toi et subis le monde, Virginie.

Parce que j’acceptais de participer à ces jeux, étais-je consentante ? Parce que je n’avais pas du tout envie de participer, étais-je victime de viol ? Parce que c’étaient des filles de mon âge, peut-on les qualifier de violeuses ?

Touche-pipi… Jeux d’enfants… La fameuse innocence de cet âge idéalisé… À gerber…

Le jeu s’arrêtait suite à l’atteinte de l’orgasme. Pas le mien, évidemment. Et cette règle me poursuit dans mes relations sexuelles d’adultes. La course à la performance.

« À force de la limer, elle va bien finir par jouir, la Virginie ! Ah ben non… bon ben moi je jouis, hein… »

Fin du jeu. Quelques exceptions. Heureusement. Ou pas. Je me suis sentie bien maladroite quand les règles du jeu changeaient, à ne pas trop savoir quoi faire, ni comment. 

Fin du jeu. Et la connexion ? Et la tendresse ? Et le plaisir d’être ensemble, de se faire du bien ??? J’en ai rien à foutre de l’orgasme. Je ne veux pas jouir, je ne veux pas jouer, je veux faire l’amour. Faire. L’amour. Le faire. Avec du sexe et des milliers d’autres choses. Le faire, le matérialiser, le manifester, le concrétiser. Plus qu’un sentiment, l’incarner avec nos corps. 

Peut-être que je devrais essayer de tomber amoureuse d’un introverti la prochaine fois.

Quoi ? Je mélange tout ? Peut-être. Peut-être que le sexe et le jeu, c’est pareil. Dans tous les cas, je commence à peine à être à l’écoute de mes propres émotions. C’est tout nouveau. Quelques semaines, quelques mois tout au plus. Je ne veux plus agir contre moi-même. Je ne veux plus être en guerre contre moi-même, bon petit soldat qui passe à travers les bombes et les horreurs.

Encaisse, Virginie, encaisse.

Je veux me respecter.

J’ai honte. J’ai tellement honte. C’est la toute première fois que j’ose parler de ce sujet. Ces mots n’ont jamais été prononcés. Cette histoire n’a jamais été racontée. Même pas quelques bribes. Même pas par écrit, pour moi-même. Maintenant, cher Internet, tu sais tout de moi. Je n’ai plus aucun tabou, plus aucun secret. Et malgré la honte et l’inconfort, c’est bien. 

Et elles, elles ont honte ? Elle ressentent quoi aujourd’hui en y repensant ? Est-ce qu’elles y pensent au moins ???

Peut-être qu’elles le faisaient parce que d’autres le leur faisaient. Parfois on se rend compte que ce que l’on pensait normal ne l’était pas.

L’extraverti.e entreprenant avec ascendant sur l’introverti.e subissant, sans même en avoir conscience. Lien ou pas ?

Et toi, Parent, prend soin de tes enfants. Sois attentif, sois présent. Sois aimant.

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