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Lille

Je suis au Starbucks là. Je suis sensée travailler. J’adore l’ambiance café pour travailler. Cela me met dans un état hyper focus. Cela me rend très productive. Mais Lille a publié sa toute première vidéo, et c’est fou tout ce que cela remue en moi.

Lille est un créateur. Il crée sa vie, son nom, son identité, son métier, son art. C’est un collègue de promotion de la formation Youmind. Mais si, je t’en ai déjà parlé. Son univers m’est totalement étranger. Un jour, il a compris qu’il était un garçon et a commencé à se créer comme tel. Il parle de magie et du pouvoir de la jouissance. Je n’y comprends rien… Mais je découvre et me pose beaucoup de questions.

J’y pensais justement en marchant vers le Starbucks. J’ai remonté mon jeans. Je porte un jeans, un t-shirt noir simple, et mes Docs. Les cheveux très courts puisque rasés récemment. Et je remonte mon jeans avec toute l’élégance dont je peux faire preuve parfois, c’est-à-dire aucune ! Comme un mec remonterait son jeans, quoi. Je me dis alors, habillée comme je suis et agissant comme je le fais, je pourrait parfaitement passer pour une lesbienne, ou un garçon manqué, ou un garçon trans. 

Le regard des gens sur moi a d’ailleurs beaucoup changé depuis que j’ai les cheveux courts, comme un point d’interrogation au dessus de leur tête. D’ailleurs, on ne me alpague plus dans la rue à coupe de petits noms soit disant charmants et flatteurs. Y’a comme un vide dans ma vie. Nan ! J’déconne ! Je m’en sens encore plus libre et plus badass ! Pourtant je reste jolie. Non, pas jolie, putain de canon super bonasse. Pourtant je ne cache pas ma féminité, ni mes seins libres de soutif qui brinquebalent sous mon t-shirt noir (les soutifs, j’peux pu…). Mais les regards ont changé. Pour ma plus grande liberté ! Ne plus avoir à se conformer à une posture sous prétexte de ses organes reproductifs. Ça doit vraiment être tellement différent d’être un garçon, d’être un homme. Je me rends compte qu’une grande partie des injonctions auxquelles les femmes se soumettent n’ont aucune existence chez les hommes. Comme remonter son pantalon avec élégance.

Certes, ils ont d’autres injonctions, mais j’y reviendrai certainement un autre jour.

Suis-je lesbienne pour autant ? Naaaaan ! J’y ai pensé en réactivant mon Tinder. Mais naaaaan. Le corps d’une femme, son attitude, ses codes, non, ne m’attirent pas du tout. Même pas un soupçon là-bas derrière dans l’inconscient.  Nada. 

Suis-je un garçon manqué ? Quand je remonte mon jeans, très certainement.

Suis-je un garçon trans ? Non. Je ne le ressens pas. Je me sens femme. Même si ce que l’on nomme la féminité reste un mystère.

Avant toute chose, je me sens humaine. Profondément humaine. Je ne comprends pas cette polarité féminité/masculinité, je ne comprends pas les concepts qu’on y met dedans, les oppositions. Genre la douceur est féminine. Genre la force est masculine. Et mon cul, c’est des raviolis ?!?!?! Cela implique qu’une femme est forcément douce, pas un homme, et qu’un homme est forcément fort, pas une femme. Sauf exceptions ou “bizarreries” que l’on montre du doigt. C’est des grosses conneries ! Si tu veux parler d’opposition, parle qualités et défauts, là ce sera compréhensible. La douceur et la force sont des qualités humaines. La méchanceté et l’idiotie sont des défauts humains. L’appareil reproductif ou l’orientation sexuelle n’ont rien à voir là-dedans ! 

De plus, ces antagonismes sexistes ne sont que des constructions sociales et des coutumes d’interprétation. Ça change au fil du temps et des époques. Il n’y a pas si longtemps que ça, le rose était pour les petits garçons, parce que rouge=force=homme, alors que le bleu layette était pour les filles. Il parait que faire du business, c’est un truc d’homme. Enlève-lui sa secrétaire au businessman… Il parait que les froufrous, les dentelles, les bijoux et l’élégance c’est des trucs de filles. Va dire ça à un mousquetaire de l’époque, tu vas voir comme tu vas le traiter de fille !!! Tu vois, tous ces stéréotypes ne tiennent pas, ni dans le temps, ni dans l’espace. 

Alors je me fous de ces stéréotypes. Je m’en détache. Je les relativise. Je m’en bats les couilles/les ovaires ! Je vais faire ma vie sans, autant qu’il m’est possible d’en être capable. Parce que les cases et les règles, quand t’es Asperger, c’est un peu la base de ta survie…

Je ne sais pas où je vais avec tout ça, mais j’avais besoin de t’en parler. Lille remue beaucoup de choses en moi, nourrit beaucoup de réflexions. Alors je les partage avec toi. Merci Lille. Crée !

Et toi, tu crées ? 

Et toi, tu choisis de relever ton jeans avec élégance ou efficacité ?

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